À la veille de l’ouverture de la saison des anguilles en Haïti, une réunion dénoncée par l’exportatrice Betty Lamy ravive les tensions au sein de la filière. Elle affirme que Kiko Saint-Rémy a réuni plusieurs opérateurs afin de préparer des actions contre elle. L’exportatrice dit également recevoir des menaces anonymes et craindre pour sa sécurité et celle de sa famille.
Selon Betty Lamy, Kiko Saint-Rémy a récemment tenu une réunion avec plusieurs de ses proches et des opérateurs du secteur des anguilles. Elle estime que cette rencontre visait à la fragiliser et à dresser certains acteurs de la filière contre elle. L’exportatrice affirme également recevoir des messages anonymes destinés, selon elle, à retourner ses clients et d’autres opérateurs contre ses activités.
Face à cette situation, Betty Lamy a décidé de briser le silence. Elle dit vouloir alerter l’opinion publique nationale et internationale sur ce qu’elle considère comme une campagne de pression visant à l’isoler au sein de la filière.Elle affirme surtout craindre pour sa sécurité et celle de sa famille.
Betty Lamy rejette toute accusation de monopole
Au cœur du différend figure également la question du contrôle de la filière.Madame Lamy rejette catégoriquement les accusations selon lesquelles elle chercherait à monopoliser le commerce des anguilles ou à empêcher l’arrivée de nouveaux opérateurs. Elle assure avoir toujours soutenu les associations de pêcheurs et l’émergence de nouveaux acteurs.
« Je n’ai jamais été un obstacle à l’émergence de qui que ce soit dans le secteur des anguilles », soutient-elle.
Pour l’exportatrice, la concurrence commerciale doit rester saine. Elle estime que chaque opérateur doit pouvoir exercer ses activités dans le respect des règles, sans campagne de dénigrement ni tentative d’intimidation.
Une bataille autour de la filière ?
Betty Lamy voit dans les tensions actuelles une volonté de limiter la concurrence. Elle attribue à Kiko Saint-Rémy l’intention de préserver une position dominante dans le commerce des anguilles. Elle évoque également un différend qui remonterait à 2018.
Selon sa version, sa famille aurait alors contribué à faire échec, dans le contexte politique de l’époque, à un projet qu’elle attribue à Kiko Saint-Rémy et à certains de ses associés.Elle estime que cet épisode pourrait expliquer, en partie, les tensions actuelles. L’exportatrice s’interroge aussi sur certains enjeux qui entourent depuis plusieurs années la filière et sur des accusations ayant circulé dans le passé.
« Quelle ironie ! Comment voulez-vous comprendre que, dans un secteur d’activité où il pouvait y avoir, selon ce qu’on racontait, des trafics illicites, de la drogue, du trafic humain ou encore du trafic d’organes, moi, Betty Lamy, la femme de Walsonn Sanon, je puisse être la toile de fond pendant que Kiko Saint-Rémy et ses associés y sont ? Waw ! »
« Il a peur de la concurrence »
Betty Lamy accuse par ailleurs son concurrent de chercher à affaiblir sa position dans le secteur.« C’est du pur mensonge orchestré parce qu’il a peur de la concurrence et veut contrôler à lui seul cette filière », affirme-t-elle.
« Je ne veux pas être la bête noire du secteur »
Betty Lamy dit ne pas comprendre pourquoi elle serait présentée comme une menace pour les autres acteurs de la filière.Elle affirme entretenir uniquement des relations professionnelles avec les autres exportateurs.
« Je n’ai aucun rapport avec les exportateurs, si ce n’est pour discuter de business », explique-t-elle. Elle dit ainsi se retrouver, selon une expression créole, « lang lan mitan dan », c’est-à-dire prise entre plusieurs camps.Pour elle, le débat ne devrait pas se transformer en affrontement personnel.
Madame Lamy dit craindre pour sa sécurité
La question de la sécurité constitue désormais l’un des aspects les plus préoccupants de cette affaire. La femme de Walsonn Sanon affirme avoir reçu des menaces anonymes. Elle dit craindre pour sa vie et celle de ses proches.
Son message à Kiko Saint-Rémy est particulièrement direct :« Je remets ma vie et celle de ma famille entre les mains de Kiko. Il sera tenu pour responsable de quoi que ce soit qui nous arrive », prévient-elle.
Le dialogue pour éviter l’escalade
Des associations de pêcheurs appellent à une rencontre entre les différentes parties afin de clarifier les positions et de rechercher une solution.
La filière des anguilles a besoin de règles claires, d’une concurrence loyale et d’un dialogue entre pêcheurs, associations et exportateurs.
La nouvelle saison ne devrait pas s’ouvrir sous le signe de la confrontation. Elle devrait plutôt offrir aux différents acteurs l’occasion de privilégier le dialogue, la transparence et la coopération.
La Rédaction
