Plusieurs partis politiques et organisations de la société civile haïtienne tirent la sonnette d’alarme. Dans une déclaration solennelle, ils accusent le gouvernement de compromettre l’organisation d’élections crédibles en 2026. Les signataires dénoncent notamment une atteinte à l’indépendance du Conseil électoral provisoire (CEP) et appellent à une mobilisation nationale pour défendre la démocratie.
Les forces politiques et sociales signataires affirment qu’Haïti traverse l’une des périodes les plus critiques de son histoire récente. Selon elles, le pouvoir exécutif s’éloigne de sa mission principale : rétablir la sécurité et créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections libres, honnêtes et inclusives en 2026.
Elles estiment que cette responsabilité constitue le fondement même de la transition politique en cours. En s’en détournant, le gouvernement manquerait à son devoir envers la population haïtienne.
Les organisations rappellent également que, selon l’article 191 de la Constitution, le Conseil électoral provisoire (CEP) demeure l’unique institution habilitée à organiser et à superviser les opérations électorales. Elles soulignent que l’élaboration du décret électoral relève exclusivement de ses compétences constitutionnelles.
Selon les signataires, cette indépendance est indispensable pour garantir la légitimité et la crédibilité des futurs scrutins.
Des accusations de mainmise sur le processus électoral
Dans leur déclaration, les forces politiques et sociales dénoncent un conflit ouvert entre le pouvoir exécutif et le CEP. Elles affirment que cette crise, apparue au cours du premier semestre de l’année 2026, ne serait pas le fruit du hasard.
Les signataires accusent directement le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de vouloir prendre le contrôle du processus électoral afin de favoriser une mouvance politique particulière.
Ils dénoncent notamment la publication d’un décret qu’ils jugent inconstitutionnel. Selon eux, ce texte transférerait certaines prérogatives du CEP à un directeur général, réduisant ainsi le rôle de l’institution électorale.
Pour les organisations signataires, cette décision représente une rupture grave avec les principes démocratiques et risque de fragiliser davantage la confiance dans le futur processus électoral.
Appel à la communauté internationale et à la mobilisation citoyenne
Face à cette situation, les signataires demandent à la communauté internationale de poursuivre son soutien au Conseil électoral provisoire dans la défense de ses prérogatives constitutionnelles.
Ils lancent également un appel aux syndicats, aux organisations de la société civile, au secteur privé ainsi qu’aux citoyens afin qu’ils se mobilisent pour préserver l’intégrité du processus électoral.
« Nous disons non à la capture du processus électoral par le Premier ministre Fils-Aimé », déclarent-ils. Ils rejettent par avance toute élection qu’ils considèrent comme contraire aux exigences de la loi et de la transparence démocratique.
Les organisations réclament le rétablissement immédiat de l’indépendance du CEP ainsi que la mise en place de conditions permettant la tenue d’élections crédibles, transparentes et souveraines.
Selon elles, l’avenir de la démocratie haïtienne dépend désormais de la vigilance citoyenne et du respect des institutions constitutionnelles.
Les principaux signataires
La déclaration est notamment soutenue par le RDNP, l’UNSMTH, l’EDE, Debout Citoyen, Nouvelle Orientation, le SDP, KORE-N, PALMIS, INFOS, le PPTL, le RPFPP, la Plateforme Solidarité, l’AUTM, INFLUENCE, le SSH, le YLLP, le Grand Bloc du Peuple ainsi que plusieurs personnalités politiques et sociales, dont l’ancien sénateur Jean Dieudonné Lubin et l’ancien Premier ministre Claude Joseph.
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