Le Parti Fusion des Sociaux-Démocrates Haïtiens (FUSION/PFSDH) tire la sonnette d’alarme face au conflit opposant le gouvernement de transition au Conseil électoral provisoire (CEP). Le parti estime que certaines décisions de l’Exécutif menacent l’indépendance de l’institution électorale et risquent d’aggraver une crise politique déjà profonde.
Dans une note de presse publiée le 4 juin 2026 à Port-au-Prince, la FUSION/PFSDH exprime sa vive inquiétude face au bras de fer engagé entre le gouvernement de transition et le Conseil électoral provisoire (CEP).
Le parti critique notamment le décret élaboré et validé par le Conseil des ministres pour remplacer celui proposé par le CEP. Selon lui, cette démarche intervient dans un contexte déjà marqué par une grave crise sécuritaire, l’emprise des gangs armés, les déplacements forcés de population et une perte croissante de confiance envers les institutions publiques.
La FUSION/PFSDH estime également que le gouvernement a franchi une « ligne rouge » en nommant, par arrêté, un directeur général au sein du CEP. Cette décision intervient alors qu’un directeur exécutif avait déjà été désigné par les membres du Conseil électoral.
Pour le parti, cette mesure constitue une ingérence directe de l’Exécutif dans le fonctionnement interne du CEP. Elle porte ainsi atteinte au principe fondamental de l’indépendance de l’institution chargée d’organiser les prochaines élections.
Le risque d’une nouvelle crise électorale
Par ailleurs, la FUSION/PFSDH appelle le gouvernement à éviter toute initiative susceptible d’alimenter davantage la crise multidimensionnelle que traverse le pays.
Selon le parti, une intervention unilatérale dans l’organisation administrative du CEP pourrait fragiliser le processus électoral. Elle risque aussi de provoquer des contestations juridiques et politiques à l’approche des futurs scrutins.
« Haïti ne peut pas se permettre, une fois de plus, des élections mal préparées, juridiquement contestables et politiquement rejetées », souligne la formation politique.
Un appel au consensus et à des élections crédibles
Face à cette situation, la FUSION/PFSDH invite le gouvernement, le CEP, les partis politiques et les différents secteurs concernés à privilégier le dialogue.
Le parti plaide pour des discussions « franches, sincères et responsables » afin de dégager un consensus autour des règles du jeu électoral. L’objectif, précise-t-il, est de garantir la transparence du processus, la viabilité des opérations électorales et l’organisation d’élections honnêtes, crédibles et inclusives.
Enfin, la FUSION/PFSDH rappelle qu’elle dispose de propositions visant à résoudre plusieurs défis liés au processus électoral, notamment la question du grand nombre de partis politiques appelés à participer aux prochaines élections.
Pour le parti, les priorités demeurent claires : préserver l’indépendance du CEP, rétablir la sécurité, garantir la libre circulation des personnes et des biens, puis permettre au peuple haïtien de choisir librement ses dirigeants légitimes.
« Ayiti pap peri, n ap chanje sa ! », conclut le Directoire de la FUSION/PFSDH.
RL News
