PORT-AU-PRINCE, 2 juillet 2026 — La Résistance démocratique (RED) estime que le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé n’a pas rempli les principales missions qui lui avaient été confiées au début de la transition. Dans un communiqué publié jeudi, le mouvement politique affirme que les avancées restent insuffisantes en matière de sécurité, d’organisation des élections, de relance économique et de gouvernance. Il demande à l’exécutif de rendre des comptes et présente sept mesures qu’il juge indispensables pour rétablir la confiance.
Pour RED, la priorité de la transition était de rétablir l’autorité de l’État, sécuriser le territoire, protéger la population et créer les conditions d’un retour à l’ordre constitutionnel.
Dix-huit mois plus tard, le mouvement considère que ces objectifs restent largement inachevés. Il estime que la situation sécuritaire demeure critique, que les élections restent incertaines et que la crise économique continue de peser sur la population.
La sécurité au cœur des critiques
Le gouvernement affirme avoir renforcé les capacités des forces de l’ordre et multiplié les opérations contre les groupes armés, notamment grâce au recours à des drones armés.
RED juge toutefois que ces initiatives n’ont pas produit les effets attendus. À ses yeux, une politique sécuritaire se mesure avant tout à la capacité de l’État de reprendre le contrôle des territoires, de garantir la libre circulation et de protéger durablement les citoyens.
Le communiqué souligne que plusieurs zones de la région métropolitaine de Port-au-Prince demeurent sous l’influence de groupes armés, tandis que l’insécurité continue de s’étendre dans l’Artibonite, le Centre et d’autres régions du pays.
Le mouvement rappelle également que les violences ont fait plusieurs milliers de victimes en 2025 et provoqué le déplacement de plus de 1,4 million de personnes.
Le retour aux urnes toujours incertain
RED estime que le processus de transition s’éloigne progressivement de son objectif initial : le rétablissement de la légitimité démocratique.
Même si un cadre électoral a été adopté, l’organisation observe que les conditions nécessaires à la tenue d’élections crédibles ne sont toujours pas réunies. Le report du calendrier initial, justifié par l’insécurité, nourrit selon elle les inquiétudes sur la durée de la transition.
Le mouvement considère qu’un pouvoir transitoire ne peut prolonger son mandat sans présenter une feuille de route claire et des garanties sur l’organisation du scrutin.
Une économie qui reste sous pression
Le gouvernement met régulièrement en avant la stabilité du taux de change et la poursuite du dialogue avec les partenaires internationaux.
RED estime cependant que ces indicateurs ne reflètent pas la réalité vécue par la population.
Le communiqué rappelle que l’économie haïtienne est restée en récession en 2025, que l’inflation demeure élevée et que les activités économiques continuent d’être freinées par l’insécurité. De nombreuses entreprises fonctionnent au ralenti ou ont cessé leurs activités, tandis que les revenus des ménages continuent de diminuer.
Selon RED, près de la moitié de la population vit dans l’extrême pauvreté et plus de cinq millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë.
Une crise humanitaire qui continue de s’aggraver
Le mouvement estime que la réponse de l’État reste insuffisante face à l’ampleur de la crise.
Des milliers de personnes déplacées vivent toujours dans des conditions précaires. L’accès aux soins et à l’éducation demeure fortement perturbé dans plusieurs régions, obligeant une partie de la population à dépendre de l’aide humanitaire internationale.
Transparence et gouvernance également mises en cause
Au-delà des questions sécuritaires et économiques, RED critique le fonctionnement de l’exécutif.
Le communiqué évoque un manque de transparence concernant plusieurs décisions liées aux opérations de sécurité, au recours à des prestataires privés et à l’utilisation des fonds publics. Il estime également que le gouvernement s’appuie davantage sur le soutien de ses partenaires internationaux que sur un consensus politique national.
Un constat globalement négatif
Malgré les difficultés héritées des précédentes administrations, RED estime que le gouvernement ne peut plus invoquer uniquement le contexte pour expliquer l’absence de résultats.
Le mouvement affirme que les groupes armés poursuivent leur progression, que les élections demeurent sans calendrier fiable, que l’économie reste fragile et que la crise humanitaire continue de s’aggraver. Il ajoute que la confiance envers les institutions reste faible et que plusieurs décisions importantes demeurent entourées d’opacité.
Sept recommandations pour sortir de l’impasse
Face à ce constat, RED appelle le gouvernement à publier un bilan détaillé des opérations sécuritaires, à clarifier le cadre juridique de l’utilisation des drones et des contrats de sécurité, puis à présenter une stratégie de reconquête du territoire assortie d’objectifs mesurables.
Le mouvement demande également un calendrier électoral crédible, la création d’un mécanisme indépendant de contrôle des dépenses publiques, l’adoption d’un plan économique et social d’urgence ainsi que l’ouverture d’un dialogue politique national sur la conduite de la transition.
« Le temps des annonces est terminé »
En conclusion, RED estime que le gouvernement doit désormais être évalué sur ses résultats plutôt que sur ses intentions.
Le mouvement appelle les autorités à présenter un bilan complet de leur action, à renforcer la transparence de la gestion publique et à prendre des mesures concrètes pour restaurer la sécurité, relancer l’économie et préparer le retour à l’ordre démocratique.
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