À l’occasion de la Journée internationale de l’hygiène menstruelle, l’organisation dénonce l’insalubrité dans les camps de déplacés et appelle l’État à agir en urgence.
À l’occasion de la Journée internationale de l’hygiène menstruelle, célébrée le 28 mai, le Collectif Défenseurs Plus tire la sonnette d’alarme sur les conditions de vie des femmes et des filles déplacées en Haïti. L’organisation appelle les autorités, les acteurs humanitaires et la population à prendre conscience de l’urgence sanitaire qui frappe plusieurs milliers de personnes à travers le pays.
Dans un contexte marqué par la crise sécuritaire et les déplacements forcés, l’accès à l’eau potable, aux toilettes et aux produits d’hygiène reste extrêmement limité. Une situation qui porte atteinte à la dignité et aux droits fondamentaux des femmes et des filles.
Des conditions de vie alarmantes dans les camps
Selon le Collectif Défenseurs Plus, les femmes et les filles déplacées vivent dans des conditions d’extrême précarité. Dans plusieurs sites d’accueil, les familles sont entassées dans des écoles, des bâtiments publics ou des espaces improvisés.
Par ailleurs, les installations sanitaires sont souvent insuffisantes, insalubres ou totalement inexistantes. Le manque d’intimité et l’absence d’eau potable aggravent davantage la situation.
Dans les départements de l’Ouest, du Centre et de l’Artibonite, les camps de fortune accueillent des milliers de personnes vivant dans la peur et l’insécurité. Les besoins essentiels, notamment la nourriture, les soins médicaux et l’hygiène menstruelle, restent largement insatisfaits.
En outre, les femmes et les filles sont exposées à des violences physiques, psychologiques et sexuelles. L’accumulation des déchets, le manque de latrines et l’absence de dispositifs de gestion des déchets menstruels augmentent également les risques d’infections et de maladies.
Un appel urgent aux autorités haïtiennes
Face à cette situation, le Collectif Défenseurs Plus demande à l’État haïtien de reconnaître la menstruation comme un véritable enjeu de santé publique et de protection sociale.
L’organisation appelle les autorités à intégrer rapidement des mesures liées à l’hygiène, à l’assainissement et à la protection des femmes dans les réponses aux déplacements forcés.
Le Collectif formule plusieurs recommandations, parmi lesquelles :
l’amélioration immédiate des conditions sanitaires dans les sites de déplacés ;
la distribution régulière de kits d’hygiène menstruelle dans les quartiers précaires ;
la création d’espaces sûrs pour les femmes et les filles victimes des violences des groupes armés ;
un meilleur accès à l’eau potable et aux installations sanitaires dans les quartiers populaires et les bidonvilles ;
l’intégration de la dignité menstruelle dans les politiques publiques de santé et de protection sociale.
Le Collectif Défenseurs Plus rappelle enfin que la dignité menstruelle constitue un droit fondamental. Bien qu’aucune loi spécifique n’existe encore en Haïti sur cette question, la Constitution de 1987 garantit, dans son article 19, le droit à la santé, à la sécurité et au respect de la personne humaine.
RL News
