Le parti politique estime que l’échéance constitutionnelle impose un nouvel accord politique et juge insuffisants les résultats du gouvernement sur la sécurité et les élections.
À l’approche du 7 juin 2026, le parti politique Konviksyon pou Chanjman (KPC) hausse le ton. Dans une déclaration rendue publique à Port-au-Prince, la formation politique estime que la transition actuelle atteint ses limites juridiques et politiques. Elle appelle ainsi à une reconfiguration de l’Exécutif afin d’éviter une prolongation jugée illégitime du pouvoir.
Le KPC s’appuie sur l’article 149 de la Constitution amendée de 1987. Selon le parti, cette disposition fixe clairement la durée maximale de l’intérim à 120 jours. En conséquence, le 7 juin représente, selon lui, une échéance constitutionnelle incontournable.
Le KPC critique le bilan du gouvernement Fils-Aimé
Dans son communiqué, le parti rappelle que le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé exerce ses fonctions depuis le 7 février 2026 dans un contexte marqué par l’effondrement institutionnel et la montée de l’insécurité.
Le gouvernement avait alors fixé deux priorités : restaurer la sécurité publique et organiser les élections. Or, selon le KPC, aucune avancée majeure n’a été enregistrée sur ces deux dossiers.
Sur le plan sécuritaire, la situation reste préoccupante. Les groupes armés poursuivent leur expansion territoriale. Plusieurs routes stratégiques demeurent sous le contrôle de bandes lourdement armées. De nombreuses populations continuent également de vivre sous la menace des violences, des enlèvements, des extorsions et des déplacements forcés.
Le parti évoque notamment les assassinats récents du professeur Bernard Brousseau et du docteur Roger Germain du GAMA Laboratoire. Deux crimes qui, selon lui, illustrent l’incapacité persistante de l’État à protéger les citoyens.
Le KPC reconnaît toutefois que certaines initiatives sécuritaires avaient laissé entrevoir une volonté d’action plus énergique à l’approche du 7 février. Mais ces mesures n’ont pas permis de produire des résultats durables ni de restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.
Des blocages persistants autour du processus électoral
Le parti politique dénonce également les difficultés entourant l’organisation des prochaines élections.
Selon le KPC, le gouvernement et le Conseil électoral provisoire (CEP) ne sont toujours pas parvenus à un accord sur plusieurs points essentiels. Les désaccords portent notamment sur l’enregistrement des partis politiques, les exigences administratives, le budget électoral ainsi que le contenu du futur décret électoral.
Autre sujet d’inquiétude : les discussions autour d’une modification du fonctionnement interne du CEP. Le KPC critique notamment l’idée de remplacer le poste de directeur exécutif par celui de directeur général.
Pour le parti, toute réforme engagée sans consensus national risque d’affaiblir l’indépendance du processus électoral.
Le KPC estime par ailleurs qu’il reste difficile d’envisager des élections réellement inclusives dans les conditions actuelles. Il souligne particulièrement la situation des départements de l’Ouest et de l’Artibonite, où l’insécurité affecte une large partie du corps électoral.
Vers un nouvel Exécutif de transition ?
Face à cette situation, Konviksyon pou Chanjman affirme qu’une reconfiguration de l’Exécutif devient nécessaire à partir du 7 juin 2026.
Le parti se prononce en faveur d’un Exécutif bicéphale, conforme, selon lui, à l’esprit de la Constitution amendée de 1987. L’objectif serait de rétablir l’équilibre institutionnel et de recréer un climat de confiance politique.
Le KPC évoque plusieurs pistes possibles. Cette nouvelle formule pourrait émerger d’un consensus politique national, d’une solution impliquant la Cour de cassation ou encore d’un accord plus large entre les forces politiques, sociales et citoyennes du pays.
Le parti insiste toutefois sur quatre priorités : restaurer la sécurité publique, garantir l’indépendance du processus électoral, rétablir la légitimité institutionnelle et organiser des élections crédibles.
Dans sa conclusion, le KPC affirme que le pays ne peut plus se permettre une prolongation indéfinie de la transition ni le maintien du statu quo.
« L’heure est venue d’ouvrir une nouvelle séquence politique », écrit le parti, qui se dit prêt à participer à tout dialogue visant une solution « haïtienne, souveraine, inclusive et durable » à la crise actuelle.
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