Le chercheur en leadership et stratège en gouvernance Stéphane Vincent a officiellement lancé, vendredi 10 juillet à Pétion-Ville, la Table de la Relève Nationale (TRN). Cette initiative indépendante ambitionne de réunir experts, universitaires, entrepreneurs et représentants de la société civile afin de produire des propositions sur les grands défis d’Haïti, tout en affirmant n’avoir aucune vocation électorale.
La cérémonie inaugurale s’est tenue à La Réserve, à Pétion-Ville. Elle a rassemblé des professionnels, universitaires, entrepreneurs, cadres, membres de la société civile ainsi que des représentants des médias.
Ancien dirigeant du parti En Avant, Stéphane Vincent a insisté sur l’indépendance totale de cette nouvelle structure. Selon lui, la Table de la Relève Nationale ne constitue ni un parti politique ni une organisation appelée à participer aux élections.
« La Table de la Relève Nationale n’est pas un parti politique. Elle n’a aucune vocation à le devenir. Elle ne présentera pas de candidats. Elle ne soutiendra aucune candidature », a-t-il déclaré lors de son intervention.
Les promoteurs de la TRN expliquent que cette plateforme vise à instaurer un espace permanent de dialogue. L’objectif est de permettre à des acteurs issus de différents secteurs de confronter leurs analyses et d’élaborer des propositions sur les principales priorités nationales.
Selon eux, Haïti souffre non seulement d’un déficit de leadership, mais également d’un manque d’espaces durables où les compétences nationales peuvent construire des solutions communes.
« La relève ne commence pas le jour où elle accède au pouvoir. Elle commence le jour où elle accepte la responsabilité de penser l’avenir », a affirmé Stéphane Vincent.
Cinq priorités pour accompagner la reconstruction du pays
La Table de la Relève Nationale a identifié cinq axes prioritaires qui guideront ses travaux. Ces priorités concernent le rétablissement de la sécurité nationale, la mise en place d’une transition jugée légitime et vérifiable, le retour à l’ordre constitutionnel et à la démocratie, une meilleure représentation de la relève dans les processus décisionnels ainsi que la reconstruction nationale.
Cette reconstruction devra, selon les initiateurs, s’appuyer sur la modernisation de l’État, le développement économique, les infrastructures et le renforcement du capital humain.
Par ailleurs, la TRN prévoit de publier des notes de position, d’organiser des consultations thématiques et de mener des échanges avec les autorités haïtiennes, les partenaires internationaux ainsi que les différentes composantes de la société.
L’organisation souhaite également constituer plusieurs groupes de travail spécialisés. Elle entend mobiliser des experts installés en Haïti et au sein de la diaspora afin de produire des recommandations et des analyses destinées aux décideurs.
« Nous passons beaucoup de temps à dénoncer ce qui ne fonctionne pas. Beaucoup moins à construire ce qui pourrait fonctionner. Le pays a besoin d’espaces où l’on débat avec rigueur et où l’on produit des propositions crédibles », a souligné Stéphane Vincent.
Une initiative lancée dans un contexte de crise
Le lancement de la Table de la Relève Nationale intervient dans un contexte marqué par une crise sécuritaire persistante, la fragilité des institutions publiques et les discussions autour de la transition politique ainsi que du retour à l’ordre constitutionnel.
À l’issue de cette première rencontre, les responsables de la TRN ont annoncé la poursuite de la structuration de l’organisation. Ils prévoient de mettre en place leurs premiers groupes de travail et de publier une première note de position consacrée aux conditions de légitimité de la prochaine phase de la transition, à la sécurité, au calendrier politique et aux enjeux de la reconstruction nationale.
RL News
